19 décembre 2008

Botswana.

par_a245_o4_marianne_parchet

minuit,
Botswana
et son ventre
chaud
mes doigts pinceaux
dans le ciel
sauvage
de sa chevelure
ocre
qui dégringole
dans
ma gorge
comme
une pluie de
mousson
qui ne cesse
jamais
une révolte
qui
gronde
et ne cesse
plus

Afrique
5h45, des grâces
tout contre
ma pupille
une femme
qui pleure
la mort
de son ventre
c'était
la saison
des naissances
pourtant
c'était la saison des naissances
elle a 35 ans
et le dos à
la vie,
elle pleure

je me tais à l'ombre
du soleil je
cherche
ma voix
qui tremble
et se noie
je cherche ma voix
elle a 35 ans
elle pleure
et
je n'y peux
rien

elle aura
eu trois enfants
écarlates
en plein zénith
elle aura
pleuré trois fois
mon Dieu

alors pourquoi
est-ce que
ma voix tremble
pourquoi
les mots s'enfuient-ils
et que le
sida
est devenu
le partenaire sexuel
le plus cocu
d'Afrique

minuit,
le corps de
Botswana
dans la poudre des
draps
salis
d'un pays
qui existe fort
tellement fort

je pense à
ton
Combat
et moi
incapable
de délier
la crue de
ma voix
si tu pouvais être

debout et en
plein combat

c'est un jour de juin
je veux un ciel
rouge
socialiste
et dans le regard
de tous les hommes
je ne vais pas
écrire un poème triste
encore
autour de
mon ventre
et de moi toujours moi
je ne vais pas
écrire
un poème d'amour
qui ne soit qu'un bout
un infime bout

de Botswana

et d'Afrique que j'ai
en coup de soleil
dans le cou

minuit,
Botswana
lâche je n'ai qu'une envie
me jeter
dans les bras
du delta de l'Okavango

Posté par mlle artifice à 02:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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